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Contrôle social Dans une optique behavioriste, le contrôle social sappuie souvent sur les instincts les plus primaires et sait créer une contrepartie avantageuse pour être accepté. Contrôles du comportement, de la faculté de réflexion, des émotions et de linformation ressortent tous au même principe: encourager dépendance et conformité. Des effets de groupe à la mobilisation des émotions, du néolangage à lisolement et à la consommation comme sens existentiel, de la culpabilisation aux techniques de mobilisation de la vigilance, lobjectif est de renforcer la dépendance psychologique comme univers de remplacement où on trouvera entre autres substituts relations dun nouveau type, activités, idéaux préfabriqués, projets, affectivité, explications et solutions toutes faites ainsi quautorité. Quelle soit attachée à la fonction ou découle de la capacité individuelle, basée sur le savoir, la légitimité, la reconnaissance, la soumission, sur la force, le savoir ou largent, interactive ou non, hiérarchique, quelle soit un mécanisme dinfluence, quelle joue sur les effets de conformismes ou sur les rapports interpersonnels comme la séduction, la confiance, la culpabilisation, la théories de lengagement, le chantage, la gestion mesurée de linformation ou lappel à la «raison», laptitude à obtenir adhésion et comportement de la part de ses subordonnés, lautorité renouvelle sans cesse ses outils dinfluence. Malléabilité La théorie de lhomme ne faisant que réagir aux incitations de son environnement est acceptée par le plus grand nombre des psychologues du comportement. Le plus célèbre des behavioristes, B.F. Skinner a appelé de ses voeux une technologie du comportement nécessitée par le besoin de réaliser de grands changements dans le comportement humain. Les plus zélés défendent lidée quun réel progrès pour lhumanité ne peut se produire que si les gens se débarrassent des notions de liberté, de volonté, de conscience et de dignité; les behavioristes sont fascinés par les techniques de contrôle; ils se plaisent à modifier les conduites humaines en faisant varier les éléments de lenvironnement et en manipulant les stimuli. En 1976, le contrôle du comportement était le thème du congrès de la puissante Association Américaine de Psychologie; les principales techniques envisagées: stimulation et modification du cerveau, programmation du comportement, manipulation des gènes, contrôle radio des individus, création de techniques nouvelles pour la gestion des grands groupes, mise au point de nouvelles formes de surveillance:
La contrainte psychologique est partout dans le monde du travail. Lorino (5) estime quà défaut de pouvoir nier le sujet, le dirigeant peut tenter de le contrôler; le projet modélisateur a fait place au projet manipulateur; plutôt que de gouverner les actes, on tente de gouverner les motivations; plutôt que de contraindre, on tente de conditionner; la modélisation fruste du passé est remplacée par une modélisation sociopsychologique (gouverner à coups dépingles) des comportements qui permettent de le piloter non plus par un ordre hiérarchique traditionnel, mais par les stimuli dun comportement subtil. Lanalyse, qui sintéresse particulièrement aux failles et aux faiblesses des sujets, sert alors de base à la détermination des stimuli informationnels adaptés, puis elle sefface derrière un libre exercice apparent qui est en réalité savamment planifié. Le comportement du salarié sera plutôt obtenu par une modification de son environnement dans le cadre dune approche behavioriste et par modification de sa perception de la réalité. Préoccuper le plus possible le monde du travail avec le moins de temps possible pour penser relèvera plutôt de la stratégie de la diversion. que la méthode la plus simple pour gagner le contrôle du public est de le maintenir ignorant des principes basiques des systèmes, tout en le gardant dans la confusion ou le doute, désorganisé et distrait par des sujets sans importance réelle; désengager les esprits, saboter les activités mentales, fournir des programmes déducation en logique de basse qualité, décourager la créativité, engager les émotions primaires, augmenter les égocentrismes, multiplier les attaques émotionnelles, donner en excès ce qui est désiré, les priver de ce dont ils ont réellement besoin, déplacer les pensées vers des priorités extérieures préfabriquées: la règle générale est quil y ait un profit dans la confusion, la meilleure approche étant de créer des problèmes et ensuite doffrir des solutions (3). Garder le public ignorant afin dobtenir moins dorganisation publique, créer de la préoccupation afin de diminuer les défenses, maximiser le contrôle, stabiliser le consentement, allouer ou détruire des opportunités, contrôler les services, la force de travail, la publicité , le contact avec les médias, détourner lattention des problèmes réels, instaurer la surveillance électronique, tout semble indiquer le renforcement du contrôle social. La pire des illusions estimait Watzlawick (9) consiste à penser quil nexiste quune seule réalité. Développements et illustrations dans les prochains numéros. Frank Furet |
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Ed. responsable: Catherine Van Nypelseer |