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Catherine VAN NYPELSEER, Banc Public, N°102, Sept.2001 EDITO En ce début de troisième millénaire, le contraste entre le niveau de développement technique et celui de la qualité de l'organisation de nos sociétés est stupéfiant. Les chirurgiens réalisent des prouesses extraordinaires, puis une partie de leurs patients meurent quelques jours plus tard - guéris ! - d'une infection nosocomiale contractée en salle d'opération. Nombre de ces opérations et les longues et coûteuses revalidations qui s'ensuivent pourraient être évitées en réduisant le nombre des accidents de la route, mais on n'arrive pas à imposer le moindre frémissement d'une politique de développement des transports en commun terrestres (train, tram, navires) qui diminuerait l'engorgement des grands axes, le degré d'enragement qu'il provoque chez les fous du volant, et la pollution des villes. Le développement de la technique permettrait pourtant de bazarder le vieux système de "démocratie" représentative pour une organisation sociale où les citoyens donneraient leur avis bien plus souvent et plus nettement que par des élections à intervalles de plusieurs années. Il faudrait aussi se reposer la question des valeurs que l'on souhaite promouvoir. Comment se prévaloir d'une quelconque supériorité par rapport au reste du monde quand on n'est pas capable d'assurer une qualité de vie décente à chaque personne qui se trouve sur notre territoire, qu'elle y soit née ou non ? Des sans-abri meurent de faim et d'abandon en pleine rue, des personnes agées se font aggresser et démolir par des sales gamins qui ne s'y risqueraient pas si l'on arrivait, par une organisation correcte de notre système judiciaire, à leur faire comprendre la priorité que la majorité d'entre nous accordent au respect de la vie humaine. Sur ce, bonne rentrée à tous, et merci de nous pardonner cet "édito" lapidaire...
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Mensuel indépendant, politique et littéraire |
Ed. responsable: Catherine Van Nypelseer |