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Pour elle, la mondialisation n'est pas du tout un phénomène moderne: des échanges internationaux ont toujours eu lieu, et leur intensité était bien plus importante lorsque des mouvements de population comme l'émigration qui a fondé les Etats-Unis, par exemple, avaient lieu. Ce qui est différent actuellement, c'est que la mondialisation est commandée par les entreprises transnationales géantes, qui n'ont jamais été aussi nombreuses, dynamiques et engagées en politique: Susan Georges estime qu' "on peut presque dire (...) qu'elles rédigent les directives de la Commission européenne, les accords conclus sous l'égide de l'organisation mondiale du commerce, des sections entières des décisions finales lors des conférences des Nations unies" (p. 19).
La doctrine néolibérale Il s'agit d'un ensemble de politiques imposées par le FMI aux pays en développement du Sud et aux pays anciennement sous domination soviétique. En voici les principaux axes: - Encourager la concurrence; - Augmenter les exportations; - Permettre la libre circulation des flux de capitaux; - Réduire les impôts sur les sociétés et les grosses fortunes; - Ne pas supprimer les paradis fiscaux; - Privatiser; - Flexibiliser le marché du travail; - Pratiquer la récupération des coûts; Pour la Banque mondiale, ces politiques ont fait diminuer le nombre de personnes vivant dans la pauvreté absolue. Mais ses statistiques, provenant d'un important service de recherches, sont contestées: deux professeurs de l'université Columbia ont publié une éude intitulée "Comment ne pas compter les pauvres", dans lequel ils démolissent les statistiques de la Banque mondiale ainsi que la méthodologie qui les fonde: elle postule en effet que la croissance profite automatiquement aux pauvres. Les chiffres de la pauvreté devraient pour eux être majorés de un tiers ˆ soixante pourcents selon les pays, pour un résultat total de deux milliards de personnes. Les acteurs Les acteurs de la mondialisation comprennent notamment le FMI et la Banque mondiale, créés en 1944 ˆ la conférence de Bretton Woods. Susan George fournit une analyse particulièrement intéressante de l'évolution historique de ces deux institutions. La fonction du FMI devait être de prêter de l'argent ˆ des pays connaissant des difficultés temporaires de paiement, en vue de leur permettre de continuer ˆ faire partie du système commercial mondial. La banque mondiale - originellement "banque internationale pour la reconstruction et le développement" devait financer la reconstruction des infrastructures européennes détruites par la deuxième guerre mondiale. Aucune des deux intitutions ne devaient conditionner leur intervention ˆ l'adoption de certaines mesures. Elles ont fonctionné pendant deux ou trois décennies sans faire de vagues jusqu'ˆ ce que trois évènements, selon Susan Georges, ne changent la donne: - en 1973, l'OPEP provoque la crise du pétrole, qui aboutit ˆ un quadruplement du prix du pétrole brut. Les pays dépendant d'un approvisionnement extérieur doivent s'endetter pour pouvoir continuer ˆ fonctionner. - en 1981, année de l'accession de Ronald Reagan ˆ la présidence des Etats-Unis, la Federal Reserve augmente brutalement les taux d'intérêt en vue de juguler l'inflation. Comme les contrats de prêt des pays du tiers-monde prévoyaient des taux d'intérêt variables et non fixes, ils furent soudain contraints de payer des intérêts énormes, alors qu'auparavant ceux-ci étaient inférieurs ˆ l'inflation. Le Mexique fut le premier pays ˆ se trouver en situation de cessation de paiement, bientôt suivi par beaucoup d'autres. C'est ˆ ce moment-lˆ que le FMI et la Banque mondiale élaborèrent des plans, appelés "programmes d'ajustement structurel", censés permettre ˆ ces pays de retrouver leur équilibre financier, auxquels ils conditionnèrent leur intervention. Ces pays se sont donc vu imposer des politiques néolibérales orientant leur économie vers l'exportation, privatisant leurs services publics, leur interdisant tout protectionnisme visant ˆ protéger leurs industries naissantes et déterminant tous leurs choix budgétaires. Les autres acteurs examinés dans ce livre sont l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), les transnationales, le monde de la finance, le lobbyisme pour la mondialisation et, en particulier, l'ERT (european round table). Le mouvement pour une autre mondialisation souhaite que l'on établisse une taxe sur: Le refus de la violence Après un chapitre consacré ˆ l'organisation des réunions de manière ˆ fidéliser le plus de militants possible, puisque c'est par le nombre que l'on acquiert un pouvoir d'influence, Susan George consacre tout un chapitre ˆ réfuter l'usage de la violence dans le combat pour une justice globale. Ses arguments sont les suivants: - la violence dans les manifestations de masse est antidémocratique. Les groupes violents ne participent pas au débat sur les objectifs d'une manifestation. Ils en rejoignent les participants au dernier moment avec leur propre programme qu'ils n'entendent aucunement négocier avec les autres groupes de participants, mais imposer de façon égo•ste. - du fait qu'ils sont tous vêtus de la même façon et masqués, les membres des groupes violents sont facilement infiltrables par la police ou par des groupes fascistes, ce qui donne aux autorités politiques des excuses inattaquables pour criminaliser tout le monde, même les plus pacifiques. - la violence dissuade beaucoup de gens de participer ˆ des manisfestations de masse, en particulier les membres des minorités déjˆ dans le collimateur de la police. Le mouvement doit être ouvert ˆ tous, et pas seulement ˆ des jeunes très musclés de sexe masculin... - la violence contre les personnes ou les biens n'affaiblit pas l'adversaire mais le renforce, en suscitant la sympathie pour ceux qui en sont les victimes: petits commerçants, petits employés propriétaires de voitures vandalisées. Catherine Van Nypelseer |
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Ed. responsable: Catherine Van Nypelseer |