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Citrouilles

 
 
 

 

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Catherine Van Nypelseer

Banc Public n°134

Novembre 2004

 

 

Comme le temps passe !
Voici déjà le Banc Public de novembre, qui parviendra à nos fidèles lecteurs
après les congés de Toussaint et le pont de l¹Armistice... alors que nous
sommes encore dans l¹ambiance de Halloween.


Cette fête aux citrouilles oranges nous paraît très gaie et nous sommes bien
contente qu¹elle soit commerciale, puisque cela nous permet d¹acheter à prix
modique de jolis objets fabriqués en grande série et disponibles au
supermarché du coin.

Il est regrettable qu¹elle ait mis si longtemps à retraverser l¹Atlantique,
puisque hélas nous n¹avons plus le droit d¹aller sonner aux portes en
quémandant des bonbons. Enfin on se consolera plus tard en jouant à la
sorcière sans déguisement.

A ce propos, puisqu¹il est question des Etats-Unis il me revient une
anecdote vécue par ma soeur Anne à l¹occasion d¹un séjour dans ce pays:
un de ses co-voyageurs avait été tellement impressionné par les énormes
citrouilles commercialisées aux E-U à cette période qu¹il avait absolument
tenu à en ramener une pour lui servir de pouf  dans son appartement
bruxellois, comme il l¹avait vu faire là-bas.
Le cucurbitacé avait voyagé dans la soute à bagages de l¹avion
transatlantique.
A l¹arrivée il l¹avait installé dans son salon et tout fier, s¹était assis
dessus et... était passé au travers puisque le fruit qui avait été gelé en
passant dans les hauteurs de l¹atmosphère puis dégelé dans l¹appartement
chauffé n¹avait plus aucune consistance à l¹intérieur, même si son enveloppe
extérieure n¹avait pas été modifiée...

Ce qui me fait penser à l¹impression de voyage du Professeur Goriely
lorsqu¹il avait découvert ce pays il y a un quart de siècle environ: il y
avait trouvé dans les rayons d¹un supermarché des Hamburgers présentés de
façon super-hygiénique sous plastique transparent...  qui étaient moisis.
Pour lui, à ce moment-là, l¹Amérique, c¹était ³un Hamburger pourri dans un
sac en plastique ².


Trève de plaisanteries Banc Public est un journal sérieux:


Mort

La fête celtique de Halloween renvoie à une conception de la mort plus
intégrée à la société, plus vivante en quelque sorte...

Paradoxe

A ce propos connaissez-vous le dernier cri de la déspécialisation
physique-philosophie,
qui nous a permis de résoudre le paradoxe de la mort:

Comment se fait-il que la plupart des gens se croient immortels (je me
souviens du sentiment de tristesse en découvrant dans le beau livre
d¹astronomie expliquée aux enfants reçu de mon grand-père que le soleil
s¹éteindrait dans x milliards d¹années), croient que les accidents de
voiture, cela n¹arrive qu¹aux autres, etc. ?

En fait ils ont parfaitement raison, si l'on réfléchit en termes de
relativité, puisque chaque être humain, dans son référentiel, ne meurt
jamais:
par définition , il ne vit plus dans le monde qui subsiste après son décès,
et ne se verra donc jamais mort (c.q.f.d.);

il ne vivra jamais que la tristesse de la mort des autres.
(on n¹est jamais mort dans son propre référentiel)

Le dernier suspense  de l¹automne...

Le leader historique du peuple palestinien se trouve vraisemblablement en
coma artificiel provoqué par ses médecins français comme le fut jadis le
ministre de l¹Intérieur Chévènement victime d¹une réaction allergique lors
d¹une opération banale: ses fonctions vitales sont suspendues le temps que
les médecins obtiennent les résultats des analyses et résolvent le problème
médical posé.

Sur ce temps les Israëliens pourront peut-être se rendre compte que leur
³ennemi historique² pourrait se révéler encore plus encombrant mort que
vivant?


Monde

Puisque l¹histoire n¹est jamais qu¹une représentation, voici comment nous
nous représentons ce qui se passe actuellement dans le monde:

Les Américains et les ³islamistes² qui se combattent sur la scène médiatique
mondiale ne sont en fait que les deux faces d¹une même médaille: des groupes
organisés d¹humains qui n¹ont pas encore franchi le stade supérieur
d¹évolution de la séparation de l¹Eglise et de l¹Etat.

En effet les Américains dominants actuellement, les célèbres WASPs (White
Anglo-Saxons Protestants) sont les descendants des colons britanniques or
l¹Angleterre - suite au schisme d¹Henri VIII qui voulait pouvoir divorcer -
a maintenu la confusion entre pouvoir temporel et spirituel sur la même tête
(la Reine d¹Angleterre est à la fois le chef de l¹Etat et le chef de
l¹église protestante anglicane, la religion dominante dans ce pays).

Le mois passé nous vous entretenions d'un ouvrage qui disait que l¹Europe
est l¹avenir du monde.

C¹est l¹Europe qui a réussi la séparation de l¹église et de l¹Etat qui est
l¹avenir du monde, car ceux qui en sont au stade précédent tombent
systématiquement dans le piège de vouloir imposer aux autres leur croyance
ou leur Dieu, dans une très bonne intention et pour leur bien d¹ailleurs,
mais cette volonté aboutit hélas à la guerre des dieux, donc des peuples et,
par conséquent, des hommes.

Ce que nous vivons actuellement peut donc s¹interpréter comme la
construction de la démocratie à l¹échelle du monde:

La notion de peuple devrait disparaître au profit de celle d¹individu égal
disposant du droit de vote.

C¹est la seule solution d¹avenir vu que l¹évolution des techniques permet
maintenant à chacun de faire sauter la planète.


Conclusion

Comme dans Astérix tout finit par un banquet où dans la chaleur d¹un foyer
chacun peut se restaurer à satiété.

Nous nous remémorons telle réunion de famille où le restaurateur avait servi
du potage au potiron dans des citrouilles taillées en soupières

Ces images de chaleur et de vie permettent d¹affronter les difficultés de la
vie pour lesquelles il vaut mieux disposer d¹un corps en bon état; sinon,
lors d¹un accident, si notre cerveau n¹est plus alimenté trop longtemps,
notre mémoire s¹efface, comme celle d¹un ordinateur privé de courant, et
nous redevenons poussière...

Catherine Van Nypelseer



 

Frank Furet

 
     
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Ed. responsable: Catherine Van Nypelseer